Migration irrégulière : des alternatives pour les jeunes maliens

Chaque année, des milliers de jeunes maliens tentent d’émigrer, surtout en Europe, en quête d’une vie meilleure. Selon le ministère des Maliens de l’Extérieur, et, de l’association locale IMIGRAD, près de la moitié de ceux qui se décident à partir le feraient faute de travail et de perspectives.

Le taux de chômage des 15 – 24 ans au Mali s’élève à 18 %, selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale du Travail. Pour ces jeunes, souvent diplômés, partir semble être la seule issue possible.

Face à ce phénomène, de nombreuses alternatives de migration légales, notamment des programmes d’études et d’appui à la création d’emploi, ont été mises en place ces dernières années, par le gouvernement malien, ainsi que par des ONGs et des universités de divers pays dont le Japon, la Belgique et le Royaume Uni. Une liste exhaustive de bourses d’études, et, des initiatives de soutien à entrepreneuriat, pour de jeunes africains, peut ainsi être trouvée en ligne sur le site opportunitiesforafricans.com.

Au Mali, le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle encadre et accompagne les jeunes dans la recherche et la création d’emploi, par le biais de l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (APEJ) et de l’Agence Nationale pour l’Emploi ANPE. L’APEJ concentre ses efforts sur les 15 – 40 ans afin d’assurer l’accès, à cette catégorie de la population, à des activités génératrices de revenus dans des secteurs tels que le commerce et surtout l’agriculture.  Dans un pays où le secteur agricole est le pilier de l’économie, l’appui aux initiatives dans ce domaine sont particulièrement importantes.

Du côté des initiatives privées, la fondation Swisscontact est active dans le secteur de la formation professionnelle.  Présente au Mali depuis 25 ans, l’organisation helvétique « permet aux populations rurales et urbaines d‘accéder à un emploi et à des revenus ».  Elle propose notamment des formations dans les secteurs de l’agriculture, l’artisanat et les travaux publics.

La Banque mondiale a, pour sa part, créé le Projet de Développement des Compétences et Emploi des Jeunes (PROCEJ), afin de « faciliter l’accès des jeunes Maliens de 15 à 35 ans à un emploi et réduire l’extrême pauvreté ». Le PROCEJ met à disposition des stages de qualification et de formation professionnelle, ainsi que des ressources financières pour appuyer l’auto-emploi et renforcer des micro, petites et moyennes entreprises.

L’auto-emploi est justement devenu une source d’emploi et une vraie alternative pour beaucoup de jeunes au chômage. ‘’Je ne viens pas d’une famille riche et j’ai traversé beaucoup de difficultés dans la vie, mais je n’ai jamais été tenté par l’aventure. J’ai toujours été convaincu qu’il existe des opportunités non exploitées dans mon pays », affirme Abderrahmane Oud Almoutapha, jeune entrepreneur, de 25 ans, qui a fait le choix de l’auto-emploi.

« En tant qu’entrepreneur, j’ai commencé avec un petit atelier de couture, où j’étais associé avec une très modeste participation. Grace à cette activité, j’ai pu développer mes compétences de management, sans rien connaitre à la couture elle même, et me faire quelques économies. J’ai ensuite ouvert un salon de coiffure et ai pu engager, à mon tour, un jeune sans emploi. Avec les revenus du salon de coiffure, j’ai acheté, de fil en aiguille, des parts de l’atelier de couture, jusqu’à en devenir l’unique propriétaire », affirme fièrement Abderrahmane.

Aujourd’hui, il fait un chiffre d’affaires de 5 à 10 millions de FCFA par an et emploie jusqu’à 8  personnes, selon la période de l’année. Un bel exemple de réussite locale qui pourrait bien inspirer d’autres jeunes au Mali.

 

TMP 28/12/2018

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