OIM au Niger: le nombre des retours volontaires en augmentation
Le programme d’aide au retour volontaire de l’organisme des Nations Unies chargé des migrations au Niger a indiqué que jusqu’à présent cette année, il a renvoyé dans leur pays d’origine un nombre de migrants qui dépasse déjà le nombre total de migrants rapatriés l’année dernière.
À la fin du mois de juillet de cette année, plus de 10 000 migrants ont été rapatriés par rapport à environ 7 000 pour l’ensemble de 2017, a rapporté l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). L’augmentation du nombre de rapatriés a été largement alimentée par le flux croissant de migrants passant par la frontière entre l’Algérie et le Niger.
Au mois de mai, près de 3 400 migrants ont choisi ce qu’on appelle le retour volontaire assisté dans leur pays d’origine, un nombre supérieur à n’importe quel autre mois précédemment enregistré. Cette année, l’effectif des rapatriés représente une augmentation significative par rapport aux 1 721 migrants qui ont reçu une aide au retour en 2015 et environ 5 000 qui ont reçu une aide au retour en 2016.
Plus de la moitié des 12 000 migrants qui sont arrivés dans les centres de transit de l’OIM n’avaient aucun moyen d’identification. Plus de 5 000 documents de voyage ont été émis en collaboration avec les consulats et ambassades des pays d’Afrique de l’Ouest, y compris le Niger.
Près de 90 pour cent des plus de 8 000 migrants secourus ont été découverts au cours de 84 opérations de recherche près de la frontière, rapporte l’IOM.
« L’équipe de l’OIM œuvre sans relâche pour faciliter les retours volontaires et fournir une protection à tous les migrants d’Afrique de l’Ouest, qu’ils aient été secourus dans le désert ou qu’ils soient déjà au Niger en attente de notre aide », a déclaré Giuseppe Loprete, chef de mission de l’OIM au Niger.
Selon l’Associated Press, l’Algérie a abandonné plus de 13 000 migrants dans le désert du Niger et du Mali depuis mai 2017, les laissant seuls dans un terrain hostile où la température dépasse de beaucoup les 40° Celsius.
« Des migrants irréguliers, y compris de nombreux mineurs et femmes enceintes, ne doivent pas être laissés sans eau ni nourriture ou contraints de marcher des kilomètres sous un soleil de plomb pour se mettre en sécurité dans le désert » a déclaré le directeur général de l’OIM, William Lacy Swing, dans un communiqué.
Hassan Kacimi, un haut responsable du ministère de l’intérieur algérien, a essayé d’expliquer l’absence de soutien humanitaire de la part du gouvernement algérien en déclarant que « ce que l’OIM ne dit pas, c’est qu’elle ne fait rien pour les aider (quand ils sont en Algérie). C’est l’Algérie qui leur fournit de l’aide en distribuant des kits alimentaires et de l’eau, » a-t-il affirmé.
La série d’expulsions la plus récente a été signalée le 15 juillet par un fonctionnaire qui a dit que près de 600 migrants africains en transit à travers l’Algérie ont été « abandonnés » dans « les conditions atroces habituelles près de la frontière avec le Niger, » a rapporté l’AFP.
« D’après les migrants, ils ont été emmenés à proximité de la frontière et laissés à eux-mêmes, » a déclaré le fonctionnaire. « Abandonnés avec un minimum de nourriture et d’eau (ils) ont marché pendant 50 bons kilomètres avant d’être secourus, » a ajouté le fonctionnaire.
TMP, 29/09/2018
Crédit photo : OIM Migrants aidés au centre de transit de l’OIM pour les femmes à Niamey.
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