La Grande-Bretagne va fermer les services des passeurs sur Facebook

Le gouvernement britannique a annoncé qu’il va sévir contre les passeurs de migrants qui font la promotion  de leurs services sur Facebook.

Selon divers rapports de la presse britannique, le gouvernement a identifié plus de 500 pages de médias sociaux, principalement sur Facebook, utilisés pour attirer des personnes cherchant à migrer de façon irrégulière vers l’Europe.

Au sommet de Salzbourg qui s’est tenu les 19 et 20 septembre 2018, la Première ministre britannique Theresa May a déclaré : « Nous devons maintenant faire correspondre notre poursuite des passeurs et des trafiquants à des efforts renouvelés pour empêcher la criminalité liée à l’immigration de se produire en premier lieu. »

« Pour ce faire, nous devons lutter contre l’environnement qui permet cette criminalité : tous ces facteurs qui font qu’il est beaucoup trop facile pour les réseaux criminels d’émerger et de croître, mettant la vie des migrants en danger. » May a ajouté que le Royaume-Uni est prêt à partager son expertise en matière de cyber police avec d’autres pays européens, expliquant que « les plateformes en ligne n’ont aucun respect pour les frontières ».

Le trafic et la traite d’êtres humains sont des activités extrêmement lucratives à l’échelle mondiale. Selon une étude sur le trafic de migrants publiée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en juin de cette année,  les passeurs et les trafiquants ont fait jusqu’à 7 milliards de dollars de profit en 2016, grâce au trafic et à la traite de jusqu’à 2,5 millions de migrants. L’étude montre que les médias sociaux ont aidé les criminels, par inadvertance, à recruter leurs victimes.

L’une des raisons de l’utilisation croissante des médias sociaux est liée aux politiques plus strictes limitant l’environnement de travail physique pour ces activités illégales. Avec environ 1,5 milliard d’utilisateurs sur Facebook et 900 millions sur son service de messagerie en ligne Whatsapp, ces plateformes permettent aux criminels de toucher encore plus de clients. Certains iraient même jusqu’à offrir des réductions pour les enfants.

Les organisations humanitaires demandent maintenant aussi aux entreprises de haute technologie de protéger les usagers des médias sociaux des passeurs. Depuis 2017, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) exhorte les médias sociaux à empêcher les passeurs d’utiliser leurs plateformes pour attirer des migrants vulnérables.

Lors d’un entretien avec Newsweek en octobre 2018, un porte-parole de Facebook a déclaré que l’entreprise évalue continuellement ses procédés pour rendre la plateforme plus sûre. Le porte-parole a déclaré : « Le trafic d’êtres humains est illégal et les annonces, messages, pages ou groupes qui coordonnent cette activité ne sont pas admis sur Facebook. Nous travaillons en étroite collaboration avec les organismes chargés de faire respecter la loi dans le monde, tels qu’Europol, pour repérer, éliminer et dénoncer cette activité illégale. »

TMP, 04/10/2018

Crédit photo : Europa.eu Les passeurs promettent une traversée en toute sécurité aux migrants, mais la réalité est totalement différente.