Plusieurs États européens refusent le pacte de l’ONU sur les migrations

Le pacte non contraignant de l’ONU sur les migrations a subit un nouveau coup dur. La Pologne, la République tchèque, la Bulgarie et la Croatie ont fait part de leur intention de ne pas signer l’accord mondial en décembre 2018 au Maroc. Les quatre États européens suivent les traces des États-Unis, de la Hongrie et de l’Autriche.

Ces pays estiment que le pacte mondial brouille la frontière entre la migration régulière et irrégulière et qu’il remet la souveraineté en question. Cependant, les partisans du pacte font valoir qu’il n’est pas contraignant et n’encourage pas plus la migration qu’il ne vise à l’arrêter. Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, a déclaré que le pacte « n’imposera rien et respecte pleinement la souveraineté des États. »

Le 12 novembre 2018, le gouvernement de coalition bulgare a annoncé qu’il ne participera pas au pacte mondial, soutenant qu’il « met en danger les intérêts nationaux ». « La position du gouvernement bulgare est de ne pas adhérer au pacte mondial sur les migrations de l’ONU », a déclaré Tsvetan Tsvetanov, vice-président du parti GERB, le principal parti de centre droit, après une réunion des chefs de la coalition.

La République tchèque a également voté contre la signature de l’accord global, a déclaré une source gouvernementale à Reuters. « La République tchèque a longtemps favorisé le principe de la séparation des migrations légales et illégales », a expliqué le vice-Premier ministre Richard Brabec lors d’une conférence de presse. « Les suggestions de la République tchèque et d’autres pays européens allaient dans ce sens. Le texte final ne reflète pas ces propositions. »

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a déclaré qu’il est « très probable » que son pays refuse l’accord mondial. « Nos principes souverains sur la sécurisation de nos frontières et la maîtrise des flux migratoires sont absolument prioritaires », a-t-il affirmé.

Sur le réseau EURACTIV, la Présidente croate Kolinda Grabar-Kitarović a annoncé qu’elle ne signerait pas l’accord mondial, même si son gouvernement semble toujours disposé à aller de l’avant.

L’Autriche et la Hongrie ont été les premiers pays de l’Union européenne à dénoncer l’accord mondial sur les migrations, après la décision des États-Unis de le refuser en juillet dernier. L’UE s’oppose aux décisions de ces six États membres. Appelant à un front unifié de l’UE sur les migrations et d’autres questions, le chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré : « Si un, deux ou trois pays quittent le pacte sur les migrations de l’ONU, alors l’UE ne peut pas défendre ses propres intérêts. »

Faisant écho à la déception de l’UE, la représentante spéciale de l’ONU pour les migrations internationales, Louise Arbour, a affirmé que le pacte vise seulement à améliorer la gestion des déplacements transfrontaliers.

Le pacte de l’ONU sur les migrations a vu le jour au cours de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations Unies le 13 juillet 2018. Il devrait être adopté lors d’une conférence de l’ONU dans la ville marocaine de Marrakech durant la deuxième semaine de décembre.

TMP, 20/11/2018

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